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eglise2018-25

Journée mondiale des pauvres 

Dimanche  18 novembre 2018


Cette année, la journée mondiale des pauvres se vit dans tous les diocèses du monde. Voici un extrait du message du Pape François pour cette journée.


5. Je suis ému par le fait de savoir que beaucoup de pauvres se sont identifiés à Bartimée, dont parle l’évangéliste Marc (cf. 10, 46-52). Bartimée « un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. (v. 46), et ayant entendu Jésus passer « se mit à crier» et à invoquer le « Fils de David» pour qu’il ait pitié de lui (cf. v. 47). « Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle » (v. 48). Le Fils de Dieu entendit son cri : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Et l’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » (v. 51). Ce passage d’évangile donne à voir ce que le Psaume annonçait comme une promesse. Bartimée est un pauvre privé de ses capacités fondamentales : voir et travailler. Combien de situations aujourd’hui encore produisent des états de précarité. Le manque des moyens de base de subsistance, la marginalisation quand on n’a plus la capacité de travailler normalement, les différentes formes d’esclavage social, malgré les avancées accomplies par l’humanité… Comme Bartimée, beaucoup de pauvres sont aujourd’hui au bord de la route et cherchent un sens à leur condition. Combien s’interrogent sur les raisons de leur descente dans un tel abîme, et sur la manière d’en sortir ! Ils attendent que quelqu’un s’approche d’eux et leur dise : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » (v. 49).


Au contraire, on constate pourtant souvent que les voix qui s’entendent sont celles des reproches et de l’invitation à se taire et à subir. Ce sont des voix qui sonnent faux, dictées souvent par la peur des pauvres, considérés non seulement comme indigents, mais aussi porteurs d’insécurité, d’instabilité, de changement des habitudes, et qu’il faut pour cela repousser et tenir à distance. On tend à créer une distance entre eux et nous, sans se rendre compte qu’on s’éloigne ainsi du Seigneur Jésus, qui ne les repousse pas, mais les appelle à lui et les console. Comme elles résonnent de manière juste, ici, les paroles du prophète sur le mode de vie des croyants : « faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs […] partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement » (Is 58, 6-7). Cette façon d’agir fait que les péchés sont pardonnés (cf. 1 P 4, 8), que la justice poursuit son chemin et lorsque nous crierons vers le Seigneur, qu’Il nous réponde : Me voici ! (cf. Is 58, 9).


6. Les pauvres sont les premiers capables de reconnaître la présence de Dieu et de témoigner de sa proximité dans leur vie.  Dieu demeure fidèle à sa promesse, et jusque dans l’obscurité de la nuit, la chaleur de son amour et de sa consolation ne fait jamais défaut. Pour que les pauvres sortent de leur condition dégradante, il leur faut cependant percevoir la présence de frères et de sœurs qui se préoccupent d’eux, et ouvrant la porte de leur cœur et de leur vie, les considèrent comme des amis et des familiers.  Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons découvrir « la force salvifique de leurs existences » et « les mettre au centre du cheminement de l’Église » (Exhortation Apostolique La Joie de l'Evangile, 198).


En cette Journée Mondiale, nous sommes invités à donner corps aux paroles du Psaume : « Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés » (Ps 21, 27). Dans le Temple de Jérusalem, nous savons qu’après le rite du sacrifice, un banquet avait lieu. C’est une expérience que de nombreux diocèses ont faite l’année dernière, qui a enrichi la célébration de la première Journée Mondiale des Pauvres. Beaucoup ont trouvé la chaleur d’une maison, la joie d’un repas festif et la solidarité auprès de ceux qui ont voulu partager la table d’une façon simple et fraternelle. Je voudrais que cette année encore, et à l’avenir, cette Journée soit placée sous le signe de la joie et d’une capacité renouvelée à se retrouver. Prier ensemble en communauté et partager le repas du dimanche. C’est une expérience qui nous ramène à la première communauté chrétienne, dont l’évangéliste Luc décrivait l’originalité et la simplicité : « Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. […] Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun » (Ac 2, 42.44-45).


7. On ne compte plus les initiatives que la communauté chrétienne prend quotidiennement pour manifester sa proximité et soulager tant de formes de pauvreté que nous avons sous les yeux. La collaboration avec d’autres instances, qui ne sont pas animées par la foi mais par la solidarité humaine, permet d’apporter une aide que nous ne pourrions pas réaliser seuls.  Dans ce monde immense de la pauvreté, reconnaître les limites, la faiblesse, et l’insuffisance de nos moyens, invite à une collaboration réciproque qui nous permet ainsi d’être davantage efficaces.  C’est la foi et l’impératif de la charité qui nous animent, mais nous savons reconnaître d’autres formes d’aide et de solidarité qui partagent en partie les mêmes objectifs, pourvu que nous ne mettions pas de côté ce qui nous est propre : conduire chacun à Dieu et à la sainteté. Le dialogue entre des expériences différentes ainsi que la collaboration que nous offrons avec humilité, hors de toute prétention, est la réponse ajustée et pleinement évangélique que nous pouvons donner.


10. J’invite mes frères évêques, les prêtres et les diacres en particulier, à qui on a imposé les mains pour le service des pauvres, (cf. Ac 6, 1-7), avec les personnes consacrées et tant de laïcs qui donnent corps à la réponse de l’Eglise au cri des pauvres, dans les paroisses, les associations et les mouvements, à vivre cette Journée Mondiale comme un moment privilégié de nouvelle évangélisation. Les pauvres nous évangélisent, en nous aidant à découvrir chaque jour la beauté de l’Evangile. Ne passons pas à côté de cette occasion de grâce. En ce jour, considérons-nous tous comme leurs débiteurs afin qu’en nous tendant la main les uns et les autres, se réalise la rencontre de salut qui soutient la foi, rend effective la charité et donne l’espérance pour progresser avec sûreté sur le chemin où le Seigneur vient à notre rencontre.


Du Vatican, 13 juin 2018 

Mémoire liturgique de saint Antoine de Padoue.


eglise2018-25

Journée mondiale des pauvres 

Dimanche  18 novembre 2018


Cette année, la journée mondiale des pauvres se vit dans tous les diocèses du monde. Voici un extrait du message du Pape François pour cette journée.


5. Je suis ému par le fait de savoir que beaucoup de pauvres se sont identifiés à Bartimée, dont parle l’évangéliste Marc (cf. 10, 46-52). Bartimée « un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. (v. 46), et ayant entendu Jésus passer « se mit à crier» et à invoquer le « Fils de David» pour qu’il ait pitié de lui (cf. v. 47). « Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle » (v. 48). Le Fils de Dieu entendit son cri : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Et l’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » (v. 51). Ce passage d’évangile donne à voir ce que le Psaume annonçait comme une promesse. Bartimée est un pauvre privé de ses capacités fondamentales : voir et travailler. Combien de situations aujourd’hui encore produisent des états de précarité. Le manque des moyens de base de subsistance, la marginalisation quand on n’a plus la capacité de travailler normalement, les différentes formes d’esclavage social, malgré les avancées accomplies par l’humanité… Comme Bartimée, beaucoup de pauvres sont aujourd’hui au bord de la route et cherchent un sens à leur condition. Combien s’interrogent sur les raisons de leur descente dans un tel abîme, et sur la manière d’en sortir ! Ils attendent que quelqu’un s’approche d’eux et leur dise : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » (v. 49).


Au contraire, on constate pourtant souvent que les voix qui s’entendent sont celles des reproches et de l’invitation à se taire et à subir. Ce sont des voix qui sonnent faux, dictées souvent par la peur des pauvres, considérés non seulement comme indigents, mais aussi porteurs d’insécurité, d’instabilité, de changement des habitudes, et qu’il faut pour cela repousser et tenir à distance. On tend à créer une distance entre eux et nous, sans se rendre compte qu’on s’éloigne ainsi du Seigneur Jésus, qui ne les repousse pas, mais les appelle à lui et les console. Comme elles résonnent de manière juste, ici, les paroles du prophète sur le mode de vie des croyants : « faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs […] partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement » (Is 58, 6-7). Cette façon d’agir fait que les péchés sont pardonnés (cf. 1 P 4, 8), que la justice poursuit son chemin et lorsque nous crierons vers le Seigneur, qu’Il nous réponde : Me voici ! (cf. Is 58, 9).


6. Les pauvres sont les premiers capables de reconnaître la présence de Dieu et de témoigner de sa proximité dans leur vie.  Dieu demeure fidèle à sa promesse, et jusque dans l’obscurité de la nuit, la chaleur de son amour et de sa consolation ne fait jamais défaut. Pour que les pauvres sortent de leur condition dégradante, il leur faut cependant percevoir la présence de frères et de sœurs qui se préoccupent d’eux, et ouvrant la porte de leur cœur et de leur vie, les considèrent comme des amis et des familiers.  Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons découvrir « la force salvifique de leurs existences » et « les mettre au centre du cheminement de l’Église » (Exhortation Apostolique La Joie de l'Evangile, 198).


En cette Journée Mondiale, nous sommes invités à donner corps aux paroles du Psaume : « Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés » (Ps 21, 27). Dans le Temple de Jérusalem, nous savons qu’après le rite du sacrifice, un banquet avait lieu. C’est une expérience que de nombreux diocèses ont faite l’année dernière, qui a enrichi la célébration de la première Journée Mondiale des Pauvres. Beaucoup ont trouvé la chaleur d’une maison, la joie d’un repas festif et la solidarité auprès de ceux qui ont voulu partager la table d’une façon simple et fraternelle. Je voudrais que cette année encore, et à l’avenir, cette Journée soit placée sous le signe de la joie et d’une capacité renouvelée à se retrouver. Prier ensemble en communauté et partager le repas du dimanche. C’est une expérience qui nous ramène à la première communauté chrétienne, dont l’évangéliste Luc décrivait l’originalité et la simplicité : « Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. […] Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun » (Ac 2, 42.44-45).


7. On ne compte plus les initiatives que la communauté chrétienne prend quotidiennement pour manifester sa proximité et soulager tant de formes de pauvreté que nous avons sous les yeux. La collaboration avec d’autres instances, qui ne sont pas animées par la foi mais par la solidarité humaine, permet d’apporter une aide que nous ne pourrions pas réaliser seuls.  Dans ce monde immense de la pauvreté, reconnaître les limites, la faiblesse, et l’insuffisance de nos moyens, invite à une collaboration réciproque qui nous permet ainsi d’être davantage efficaces.  C’est la foi et l’impératif de la charité qui nous animent, mais nous savons reconnaître d’autres formes d’aide et de solidarité qui partagent en partie les mêmes objectifs, pourvu que nous ne mettions pas de côté ce qui nous est propre : conduire chacun à Dieu et à la sainteté. Le dialogue entre des expériences différentes ainsi que la collaboration que nous offrons avec humilité, hors de toute prétention, est la réponse ajustée et pleinement évangélique que nous pouvons donner.


10. J’invite mes frères évêques, les prêtres et les diacres en particulier, à qui on a imposé les mains pour le service des pauvres, (cf. Ac 6, 1-7), avec les personnes consacrées et tant de laïcs qui donnent corps à la réponse de l’Eglise au cri des pauvres, dans les paroisses, les associations et les mouvements, à vivre cette Journée Mondiale comme un moment privilégié de nouvelle évangélisation. Les pauvres nous évangélisent, en nous aidant à découvrir chaque jour la beauté de l’Evangile. Ne passons pas à côté de cette occasion de grâce. En ce jour, considérons-nous tous comme leurs débiteurs afin qu’en nous tendant la main les uns et les autres, se réalise la rencontre de salut qui soutient la foi, rend effective la charité et donne l’espérance pour progresser avec sûreté sur le chemin où le Seigneur vient à notre rencontre.


Du Vatican, 13 juin 2018 

Mémoire liturgique de saint Antoine de Padoue.