Congrès Miséricorde France

"La Miséricorde de Dieu est pour tous" - Pape François

  • Congrès Miséricorde France Congrès - Visages de la Miséricorde
  • Congrès Miséricorde France Congrès - Visages de la Miséricorde
  • Congrès Miséricorde France Congrès - Visages de la Miséricorde
  • Congrès Miséricorde France Congrès - Visages de la Miséricorde
jquery slider by WOWSlider.com v7.6

misericorde-et-saintete

Miséricorde et sainteté

Appel universel à la sainteté et Miséricorde

Mgr Albert-Marie de Monléon, o.p.


« Tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par Dieu, chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même de Dieu », affirme le Concile Vatican II. Chacun, selon son état, est appelé à devenir un saint, et un saint canonisable ! Beau programme ! 


La fête de Tous les Saints nous rappelle que Jésus nous invite à être saints, comme il a invité les disciples : « Soyez saints, car moi le Seigneur, je suis saint » (Lv 19,2) ; « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait  » (Mt 5,48). « Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux  » (Lc 6,36) 


Tous, nous sommes appelés à accueillir la Miséricorde de Dieu, tel un enfant, pour en rayonner, à nous laisser saisir, embrasser, consacrer par notre Dieu qui est Saint et toute Miséricorde. 


Il est frappant de voir que bien des saints, au siècle dernier, ont perçu l'importance de la Miséricorde.  Malgré notre faiblesse, notre petitesse, notre indigence, nos limites et notre péché, la sainteté n'est pas hors de notre portée, car la Miséricorde peut subvenir à notre incapacité radicale à être miséricordieux, saints, comme Notre Père du Ciel. C’est dans la reconnaissance et l'acceptation de notre faiblesse, de notre « néant » disent Catherine de Sienne, Thérèse de l'Enfant Jésus, et Faustine que nous pouvons nous laisser élever par la Miséricorde divine à la plus haute sainteté. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, dans un poème pour Sœur Marie de la Trinité, le reconnaît avec sa pénétration habituelle : 

« Seigneur tu m'as choisie dès ma plus tendre enfance 

Et je puis m'appeler l'œuvre de ton amour… 

Jésus, mon Bien-Aimé, quel est ce privilège

Pauvre petit néant, qu'avais-je fait pour toi ?

Et je me vois placée dans le royal cortège … »


Chemin de sainteté : la Miséricorde


Il est significatif de voir que saint Paul, afin d’encourager les Colossiens sur le chemin de la sainteté, les incite d'abord à la miséricorde : « Comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience » (Col 3,12). Ce qui ouvre donc le chemin de la sainteté, c’est d’exercer, à l’image de notre Père du ciel, la miséricorde.


En pratiquant la miséricorde, c’est-à-dire en prenant, dans notre cœur, la peine, la souffrance, la misère de celui ou de celle que nous rencontrons, en acceptant de nous laisser toucher par la misère physique ou morale d'hommes et de de femmes, en répondant aussi au mal par l’amour, nous nous mettons en chemin de sainteté. 



Chaque forme de sainteté est imprégnée par la Miséricorde


Dire que l'appel à la sainteté est universel ne signifie pas que le modèle de sainteté est unique, identique, uniformisé. Il n'existe pas une figure unique de sainteté, mais autant de formes de sainteté que d'âmes illuminées par la sainteté et la miséricorde de Dieu, comme le révèle la profusion de saints et de bienheureux, tous différents, à chaque âge de l’histoire de l’Eglise. Tous les états de vie, toutes les « routes », toutes les vocations sont, par la miséricorde, un appel à la sainteté. Oui, il y a d’innombrables voies pour être saint. 


La sainteté étant un don de la grâce miséricordieuse de Dieu, chaque forme de sainteté est, à sa manière, marquée de miséricorde. Inversement, chaque forme de sainteté imprègne la miséricorde d'une tonalité particulière. 


Ainsi, la sainteté des parents suppose une miséricorde inlassable, animée d'une grande dose de patience, tandis que celle des enfants est du côté de leur miséricordieuse obéissance à leurs parents, obéissance teintée d'une insouciance joyeuse. 


La sainteté des personnes célibataires ou des personnes séparées est marquée par l'appel à une grande confiance en Dieu, en sa miséricorde pour le quotidien et pour l'avenir. C’est le cas « des veuves et des célibataires dont le concours peut être de grande valeur pour la sainteté et l'activité de l'Eglise » (Lumen Gentium n° 41). Vivre la lourde épreuve de la solitude, dans la confiance en la mystérieuse et miséricordieuse présence de Dieu, est ainsi un grand témoignage de sainteté. 


La sainteté du chercheur se reçoit dans la grande compétence, la recherche imprégnée de confiance en la sagesse miséricordieuse de Dieu. Célèbre est l'anecdote d'Einstein répondant à l’un de ses collègues qui pensait qu'il y avait un mauvais génie qui les empêchait de découvrir une énigme de l'univers : « Dieu est très intelligent mais il n'est pas méchant. » 


Un autre exemple de sainteté, qui est même héroïque, est celui de femmes et d’hommes politiques qui cherchent sans cesse le Bien commun des peuples et de chacun. Cette dernière se vit, me semble-t-il, en accueillant la miséricorde humble et persévérante, qui ne se laisse pas miner par le besoin de reconnaissance ou corrompre par le goût du pouvoir, de l'argent, des honneurs. 


La sainteté des personnes handicapées est, quant à elle, de faire miséricorde à ceux qui les approchent maladroitement, de se laisser approcher, soigner par des étrangers, tandis que celle des soignants doit être, comme dans la parabole du Bon Samaritain, de s'arrêter, de porter un regard bienveillant, de dire une parole accueillante, de prendre soin en n’économisant ni son temps ni son énergie.  


Chacun, quelle que soit sa situation, vit une forme personnelle de sainteté, en la recevant de la miséricorde de Dieu et en la mettant en pratique. « Ce temps est le temps de la Miséricorde »  disait le Pape François, début 2015, et ajoutait :  « C'est important, pour les fidèles laïcs de la vivre et de l'apporter dans les différents milieux de la société. »


misericorde-et-saintete

Miséricorde et sainteté

Appel universel à la sainteté et Miséricorde

Mgr Albert-Marie de Monléon, o.p.


« Tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par Dieu, chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même de Dieu », affirme le Concile Vatican II. Chacun, selon son état, est appelé à devenir un saint, et un saint canonisable ! Beau programme ! 


La fête de Tous les Saints nous rappelle que Jésus nous invite à être saints, comme il a invité les disciples : « Soyez saints, car moi le Seigneur, je suis saint » (Lv 19,2) ; « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait  » (Mt 5,48). « Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux  » (Lc 6,36) 


Tous, nous sommes appelés à accueillir la Miséricorde de Dieu, tel un enfant, pour en rayonner, à nous laisser saisir, embrasser, consacrer par notre Dieu qui est Saint et toute Miséricorde. 


Il est frappant de voir que bien des saints, au siècle dernier, ont perçu l'importance de la Miséricorde.  Malgré notre faiblesse, notre petitesse, notre indigence, nos limites et notre péché, la sainteté n'est pas hors de notre portée, car la Miséricorde peut subvenir à notre incapacité radicale à être miséricordieux, saints, comme Notre Père du Ciel. C’est dans la reconnaissance et l'acceptation de notre faiblesse, de notre « néant » disent Catherine de Sienne, Thérèse de l'Enfant Jésus, et Faustine que nous pouvons nous laisser élever par la Miséricorde divine à la plus haute sainteté. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, dans un poème pour Sœur Marie de la Trinité, le reconnaît avec sa pénétration habituelle : 

« Seigneur tu m'as choisie dès ma plus tendre enfance 

Et je puis m'appeler l'œuvre de ton amour… 

Jésus, mon Bien-Aimé, quel est ce privilège

Pauvre petit néant, qu'avais-je fait pour toi ?

Et je me vois placée dans le royal cortège … »


Chemin de sainteté : la Miséricorde


Il est significatif de voir que saint Paul, afin d’encourager les Colossiens sur le chemin de la sainteté, les incite d'abord à la miséricorde : « Comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience » (Col 3,12). Ce qui ouvre donc le chemin de la sainteté, c’est d’exercer, à l’image de notre Père du ciel, la miséricorde.


En pratiquant la miséricorde, c’est-à-dire en prenant, dans notre cœur, la peine, la souffrance, la misère de celui ou de celle que nous rencontrons, en acceptant de nous laisser toucher par la misère physique ou morale d'hommes et de de femmes, en répondant aussi au mal par l’amour, nous nous mettons en chemin de sainteté. 



Chaque forme de sainteté est imprégnée par la Miséricorde


Dire que l'appel à la sainteté est universel ne signifie pas que le modèle de sainteté est unique, identique, uniformisé. Il n'existe pas une figure unique de sainteté, mais autant de formes de sainteté que d'âmes illuminées par la sainteté et la miséricorde de Dieu, comme le révèle la profusion de saints et de bienheureux, tous différents, à chaque âge de l’histoire de l’Eglise. Tous les états de vie, toutes les « routes », toutes les vocations sont, par la miséricorde, un appel à la sainteté. Oui, il y a d’innombrables voies pour être saint. 


La sainteté étant un don de la grâce miséricordieuse de Dieu, chaque forme de sainteté est, à sa manière, marquée de miséricorde. Inversement, chaque forme de sainteté imprègne la miséricorde d'une tonalité particulière. 


Ainsi, la sainteté des parents suppose une miséricorde inlassable, animée d'une grande dose de patience, tandis que celle des enfants est du côté de leur miséricordieuse obéissance à leurs parents, obéissance teintée d'une insouciance joyeuse. 


La sainteté des personnes célibataires ou des personnes séparées est marquée par l'appel à une grande confiance en Dieu, en sa miséricorde pour le quotidien et pour l'avenir. C’est le cas « des veuves et des célibataires dont le concours peut être de grande valeur pour la sainteté et l'activité de l'Eglise » (Lumen Gentium n° 41). Vivre la lourde épreuve de la solitude, dans la confiance en la mystérieuse et miséricordieuse présence de Dieu, est ainsi un grand témoignage de sainteté. 


La sainteté du chercheur se reçoit dans la grande compétence, la recherche imprégnée de confiance en la sagesse miséricordieuse de Dieu. Célèbre est l'anecdote d'Einstein répondant à l’un de ses collègues qui pensait qu'il y avait un mauvais génie qui les empêchait de découvrir une énigme de l'univers : « Dieu est très intelligent mais il n'est pas méchant. » 


Un autre exemple de sainteté, qui est même héroïque, est celui de femmes et d’hommes politiques qui cherchent sans cesse le Bien commun des peuples et de chacun. Cette dernière se vit, me semble-t-il, en accueillant la miséricorde humble et persévérante, qui ne se laisse pas miner par le besoin de reconnaissance ou corrompre par le goût du pouvoir, de l'argent, des honneurs. 


La sainteté des personnes handicapées est, quant à elle, de faire miséricorde à ceux qui les approchent maladroitement, de se laisser approcher, soigner par des étrangers, tandis que celle des soignants doit être, comme dans la parabole du Bon Samaritain, de s'arrêter, de porter un regard bienveillant, de dire une parole accueillante, de prendre soin en n’économisant ni son temps ni son énergie.  


Chacun, quelle que soit sa situation, vit une forme personnelle de sainteté, en la recevant de la miséricorde de Dieu et en la mettant en pratique. « Ce temps est le temps de la Miséricorde »  disait le Pape François, début 2015, et ajoutait :  « C'est important, pour les fidèles laïcs de la vivre et de l'apporter dans les différents milieux de la société. »