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Année de la vie consacrée : Professions perpétuelles, une homélie de Mgr de Monléon

La fidélité miséricordieuse de Dieu s'étend d'âge en âge
Dieu désire être aimé – sacerdoce baptismal et religieux


« L’Année de la vie consacrée », voulue par le pape François, commencera le 30 novembre 2014 et s’achèvera le 2 février 2016, Journée mondiale de la vie consacrée. Voici une homélie de Mgr de Monléon prononcée lors des Professions perpétuelles de Petite Soeur Marie-Amélie et Petite Soeur Elisabeth, Petites Soeurs des Maternités Catholiques, à Bourgoin Jallieu, le 7 septembre 2014.

Ep 3, 14-21; Jn 15, 9-17.

Mes chères Soeurs, chers frères et soeurs,Chères Petites Soeurs Marie-Amélie et Marie-Élisabeth,

Au moment de vous engager définitivement dans la consécration religieuse, par les voeux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, je voudrais, selon ce qui me semble être une inspiration profonde de votre Institut, montrer comment cet engagement vous unit intimement à notre Père du Ciel, par et dans le mystère du Christ.

Vous avez voulu mettre votre profession perpétuelle sous le signe, le sceau de l'amour du Père tel que le proclame saint Paul, dans la grande hymne de sa lettre aux Éphésiens que nous venons d'entendre, et tel que Jésus l'annonce dans l'Évangile selon saint Jean, au chapitre 15. Ainsi, vous voulez fonder tout votre être, toute votre vie, dans cet amour, afin d'entrer dans toute la Plénitude de Dieu et en être comblées. En effet, le chemin de cette Plénitude de Dieu, c'est « l'amour du Christ qui surpasse tout ce que l'on peut connaître » (Ep 3, 19).

Nous venons d'entendre le Seigneur Jésus nous dire : « Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour » (Jn 15, 9). Nous avons, là, la perfection indépassable de toute vie baptismale et religieuse : entrer, nous plonger dans l'amour même que le Père a pour le Fils et dont le Fils, Jésus, nous aime.

L'engagement, par les voeux, dans la profession religieuse, consiste précisément à s'engager, à demeurer, à s'établir, se maintenir, s'abriter dans cet Amour qu'est Jésus ; se livrer, avec Lui et en Lui, totalement, à l'Amour du Père, « tout tourné vers Lui » comme écrit saint Jean (1, 18). Cet absolu d'un engagement définitif, perpétuel, peut paraître un peu fou aux yeux des hommes et, de fait, il n'est possible, précisément, que parce qu'il se fonde, s'enracine, et se renouvelle dans l'Amour premier dont Dieu nous aime. Le Père qui nous as appelés, « qui vous a appelés à la communion de son Fils Jésus, le Christ, notre Seigneur est fidèle » écrit saint Paul au Corinthiens (1 Co 1, 9). Votre fidélité perpétuelle s'origine et ne pourra tenir que dans la fidélité indéfectible de Dieu. Cette fidélité miséricordieuse, qui tient compte de notre faiblesse, s'étend d'âge en âge et s'étendra à tous les âges de votre vie.

L'Amour qu'est Dieu désire être aimé. Il nous aime d'un amour un peu fou, Il quête notre amour, et c'est notre bonheur que de le reconnaître et d'y répondre. « Dans cette réciprocité, sinon d'égal à égal, du moins dans une réciprocité de ressemblance, résident notre bonheur et notre joie » écrit Saint Bernard, dans son Commentaire sur le Cantique (Homélie sur le Cantique, 83, 4-6 ; Liturgie des Heures, 20 août, p. 1251),

S'engager par les voeux, c'est répondre totalement à l'amour premier et exclusif, immense et compatissant, de Dieu. C'est accepter d'être aimé d'une manière unique, d'un amour de prédilection par le Père du Ciel, d'être aimé du même amour dont le Fils, Jésus, le Verbe, est aimé ; de cette complaisance totale et inépuisable que le Père éprouve pour son Fils et en Lui, dans la communion bienheureuse de l'Esprit Saint. Faire profession, c'est entrer, un peu plus avant, dans le don de la filiation divine. C'est vouloir se perdre dans ce foyer d'amour, même si, sur terre, nous n'en avons aucune expérience sensible, ou si peu, mais nous vivons dans l'assurance de la foi en la parole de Jésus : « Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour ».



Pour vivre ce chemin de foi et d'amour dans l'abandon à l'amour du Père, à sa miséricordieuse fidélité, je vous invite à vous laisser guider très spécialement par saint Joseph, dont la ferme et douce paternité est le modèle le plus parfait de la paternité divine.

Votre engagement, reçu par et dans l'Église, par et dans votre Institut, est une consécration. Il devient une détermination particulière de votre consécration reçue au baptême. Comme le précisent vos Constitutions : « Votre vocation de Petites Soeurs des Maternités Catholiques vous appelle à tendre sans cesse à l'accomplissement de votre consécration baptismale » (n° 3). Mgr. Guerry, votre cher fondateur, écrivait : « la consécration religieuse est la réponse la plus complète à cet appel à la perfection, qui vient de la consécration baptismale, appel à l'union la plus intime au Seigneur » (cf. Constitutions p. 6).

La consécration baptismale est une participation au Sacerdoce du Christ pour le déploiement des grâces du baptême (cf. CEC n° 1546). La consécration religieuse, enracinée dans celle du baptême, est une participation à la consécration du Fils à son Père, dans son unité avec Lui et son obéissance totale. Or, il me semble que, par la consécration religieuse, ce sacerdoce commun des fidèles prend une dimension particulière, plus intime et plus vitale, pour la louange et à la gloire du Père et dans l'intercession pour les hommes.

Le sacerdoce baptismal et religieux s'enracine et s'exprime très spécialement dans l'Eucharistie, comme offrande et action de grâces, tant dans la participation active à la Messe qu'à l'adoration eucharistique où vous êtes si fidèles. Toutes données au Père, dans le mystère Trinitaire, dans l'amour, la contemplation, l'adoration, la supplication pour tant de détresses dans le monde, mais aussi l'exultation d'avoir été aimées et choisies par Dieu, vous devenez, de plus en plus, une vivante offrande à la louange de Sa gloire (cf. PE III).

Une caractéristique fondamentale de toute vie religieuse, et qui est particulièrement honorée dans votre Institut, est la communion fraternelle. Celle-ci s'enracine dans la vie trinitaire et cherche à y fixer son coeur comme à son trésor, et à en rayonner. De plus, dans les Maternités Catholiques, la structure et la vie de communion s'efforcent de s'étendre à toutes les familles que vous accueillez.

Cet amour de communion est bien au coeur de l'Évangile que vous avez choisi pour ce jour. « Voici mon commandement - nous dit Jésus - aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » c'est-à-dire de ce même amour de charité dont le Père m'aime. Et Jésus insiste : « Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres ». Or, dans la vie commune, c'est sans doute une des choses les plus difficiles à mettre en oeuvre, parce qu'on ne s'est pas choisi, qu'on se côtoie quotidiennement avec chacun, chacune, ses limites, ses imperfections, ses petites manies. Pourtant, là est la preuve de notre amour pour Jésus et nous ne pouvons absolument pas vivre la communion fraternelle, sans Lui. La vie de communauté est exigeante mais elle est l'une des grandes réalisations de l'immersion, de chacune et de toutes, dans l'amour du Père pour le Fils. Elle est aussi communion à l'Église tout entière, du ciel et de la terre. Cette communion fraternelle est un des besoins les plus pressants de notre pauvre monde, déchirés de tant de luttes, de haines, de violences et de détresses. Saint Jean-Paul II, dans sa magnifique Exhortation apostolique pour l'entrée dans le 2e millénaire écrivait : « Faire de l'Église la maison et l'école de la communion : tel est le grand défi qui se présente à nous dans le millénaire qui commence, si nous voulons être fidèles au dessein de Dieu et répondre aux attentes profondes du monde » (Novo Millenio ineunte, n° 43). Et c'est bien là un des aspects de votre vocation, de votre appel et de votre rayonnement.



Je relève, enfin, un dernier élément caractéristique de votre mission et que l'on trouve dans l'Évangile que vous avez choisi en ce jour, à savoir la recommandation de Jésus pour ses disciples d'aller et de porter du fruit. « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais c'est moi qui vous ai choisis et vous ai institués pour que vous alliez et que vous portiez du fruit et un fruit qui demeure » (Jn 15,16).

On peut transposer pour vous le verbe « instituer » en « consacrer », le propre de la vie religieuse c'est d'avoir été choisi, appelé, consacré par Jésus pour porter du fruit.

Or, ce fruit, le charisme propre, la dimension très spécifique des Maternités Catholiques, c'est le service de la vie, la vie de toute personne humaine, notamment dans ses admirables, si fragiles et tellement précieux, commencements. Chaque vie humaine est, d'une certaine manière, un fruit de la fécondité divine, dont le Père, en son mystère trinitaire, est la source, puisque toute personne humaine, dès le premier instant de sa conception, est créée par Dieu à son image. Dès l'origine, dès le commencement, comme y revient Jésus à propos du mariage, et comme l'a répété souvent le saint Pape Jean-Paul II à sa suite, le mystère de Dieu en l'homme est présent. Ce commencement nous renvoie au début du livre de la Genèse où Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance ». Dieu crée solennellement l'homme, avec amour et dans une sorte de recueillement trinitaire. Or, le texte ajoute aussitôt, comme si c'en était une conséquence : « mâle et femelle il les créa. Dieu les bénit et leur dit : 'Soyez féconds ' » (Gn 1, 26a.27-28a). La création de l'homme et de la femme à l'image de Dieu et leur fécondité, dans la transmission de la vie, sont indissociables. C'est cette fécondité de vie, dans le respect de l'homme image, que les Maternités Catholiques sont appelées à servir et honorer.

Comme le disent très explicitement vos Constitutions : « Le charisme accordé par l'Esprit Saint à l'Institut nous fait contempler et servir un aspect particulier du mystérieux dessein d'amour du Père en faveur des hommes : la valeur de la vie, de l'amour humain, de la sexualité, du mariage et de la famille » (n° 5). C'est là le grand fruit que vous portez en Dieu et pour Dieu et c'est un fruit qui demeurera.

Ce fruit de vie que vous portez est absolument décisif, tant il est menacé de nos jours. La mission d'époux et d'épouses, de parents, la vocation de la famille, comme lieux premiers et irremplaçables de la naissance et de la croissance d'une personne humaine, sont agressées de multiples manières dans notre société mais sont des lieux où se joue l'avenir, la vie même de l'humanité, comme l'ont rappelé inlassablement les Papes Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI, François.

Ce fruit de vie qu'est la génération humaine, - et dont l'arbre de Vie du Jardin de la Genèse est aussi un symbole -, est gravement mis en péril par le péché des hommes. Or, seule la Croix du Christ peut sauver les hommes de la culture de mort que suscite le péché. C'est pourquoi, consacrées au service de la vie, surtout en ses commencements, il ne faut pas vous étonner que vous vous trouviez souvent, et vous vous trouverez encore, personnellement et communautairement, au pied de la Croix, le véritable arbre de Vie, par lequel Dieu a voulu « se réconcilier le monde », sauver les hommes de leur mort, de leurs péchés et de leurs errances. En butte aux contradictions suscitées par une société qui ne veut pas connaître Dieu et son Christ, il faut vous réfugier sans cesse auprès de Marie, qui se tenait debout au pied de la Croix de son Fils. Plus qu'aucune créature, elle connaît le prix du Salut de ceux que Dieu a créés à son image et à qui il a voulu partager sa Vie. Avec Marie, dont chacune de vous porte le nom, la Croix salvifique du Christ devient communion à ses souffrances pour avoir part, un jour, à sa Résurrection pour la Vie éternelle.

En conclusion, mes chères Soeurs, vous toutes qui accompagnez et accueillez d'une manière nouvelle vos deux chères Petites Soeurs Marie-Amélie et Marie-Élisabeth, que leur profession perpétuelle vous soit, pour toutes, un renouvellement profond de votre propre engagement et consécration religieuse.

Et vous tous, parents et amis, familles qui avez bénéficié de l'assistance des Petites Soeurs, membres des Pèlerins de l'Évangile de la Vie, personnels de santé et collègues de travail, vous tous qui entourez de votre affection et de votre prière, nos chères Petites Soeurs Marie-Amélie et Marie-Elisabeth, que votre soutien et vos encouragements ne leur manquent jamais ; leur vocation, leur mission, leur témoignage sont trop précieux non seulement pour vous, pour l'Église, mais pour la société. Que le Seigneur vous bénisse.

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