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En famille, Jean-Marie Vianney découvre la Miséricorde
Mardi 4 août 2020 fête de St Jean Marie Vianney, curé d’Ars

Quand on pense au Curé d’Ars, c’est peut-être le mot de miséricorde qui jaillit le premier. Le Curé d’Ars, témoin de la miséricorde ! En août, beaucoup de familles se retrouvent. Enfant, Jean-Marie Vianney, a bénéficié de la Miséricorde, tout spécialement par ses parents…


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Sa maman, Marie Vianney, comme souvent les mamans, lui a appris à connaître, à prier Dieu et à ouvrir son cœur à la miséricorde.

Elle lui a donné quelque chose d’exceptionnel en lui apprenant à vivre en présence de Dieu, en toute intimité avec Lui. Toutes les heures, quand la pendule familiale sonne, elle l’invite à se tourner vers Dieu pour lui demander pardon, lui rendre grâce, lui dire merci, lui confier une intention. Elle lui apprend à avoir un cœur dépendant de Dieu. Une des premières choses qu’il fera en arrivant à Ars, sera de relever le clocher, d’y mettre une horloge et de dire à ses paroissiens : « toutes les heures, tournez-vous vers Dieu quel que soit votre travail, quel que soit l’activité que vous faites ». Apprenez à dépendre de Dieu comme des pauvres qui se laissent toucher par sa miséricorde. C’est une grâce que sa maman a éveillée en lui et lui a permis d’accueillir. Avant de donner, il sait accueillir la grâce ; pour lui, Dieu est quelqu’un.

Son papa, Mathieu Vianney, lui a donné un sens extraordinaire de l’accueil des plus pauvres

Dans la famille Vianney, à Dardilly, dans une période troublée (fin de la révolution et période napoléonienne), on accueille jusqu’à dix pauvres par jour à la table familiale et quand il n’y a pas assez à manger le père donne sa propre part devant ses enfants. Comment ce jeune garçon n’aurait-il pas été marqué par cet exemple paternel ? Quand des années plus tard il arrivera à Ars, dès qu’un pauvre se présentera pieds nus à sa porte, il commencera par enlever ses propres chaussures pour les lui donner, et après seulement il s’intéressera à ce que veut cette personne. C’est une grâce qu’il a reçue et vécue profondément lui-même. Sa famille n’était pas nécessiteuse comme d’autres à l’époque, mais elle avait un sens de l’accueil qui a fait qu’elle communiait à la misère des autres. Dans le cœur d’un jeune garçon c’est un modèle à suivre, et il le suivra en se donnant totalement.

Sa première confession à 11 ans

Ce fut en 1797 à 11 ans dans la maison paternelle de Dardilly. Elle eut lieu en présence de l’abbé Grosboz, “prêtre réfractaire” qui passait, caché, de maison en maison. Ce prêtre a beaucoup marqué le jeune Jean-Marie. On ne sait pas bien sûr ce qui s’est dit entre ce missionnaire, témoin de la foi, qui risquait sa vie pour venir donner le pardon de Dieu en restant fidèle à l’Église, et le jeune paysan. Il reviendra souvent sur l’importance de cette première confession, au pied de la pendule dans la salle commune. C’est peut-être là que s’enracine sa vocation sacerdotale et le goût de la miséricorde reçue et transmise. Il gardera longtemps en mémoire le visage de ce prêtre qui lui avait donné pour la première fois le pardon de Dieu.

L’appel de Dieu – Jean Marie Vianney, enfant

Sa maman a eu là aussi un rôle primordial. Elle lui dit un jour : « si tes frères et sœurs pèchent cela me fera de la peine, mais surtout si c’est toi mon Jean-Marie ». Sa maman a perçu très vite (c’est souvent le cas des mamans) l’ampleur de l’appel de Dieu sur son enfant, et par cette observation elle le lui révèle. En même temps elle lui montre l’exigence que cet appel demande, non seulement au niveau de sa vocation sacerdotale, mais aussi au niveau de sa vocation à la sainteté. Gothon, la petite sœur de Jean-Marie, rapporte aussi cette histoire de chamaillerie à propos d’un chapelet qu’elle désire posséder et donc obtenir de son frère ; sa maman va montrer à Jean-Marie, son fils qu’il doit le donner à sa sœur. Elle voulait lui prendre et c’est lui qui doit le donner ; après ce geste difficile pour un enfant, sa Maman lui fait cadeau d’une petite statue de la Vierge qu’il désirait, pour continuer à prier Marie, le combler et manifester ainsi la miséricorde. La réflexion de sa maman au sujet de ce geste et l’exemple qu’elle transmet – il s’en souviendra des années plus tard – montre combien cela l’a marqué. Le don engendre le pardon et la paix, et fait grandir dans l’intimité avec Dieu.

(…)

La Miséricorde : un bien fait à l’autre mais aussi un don fait pour moi

« La miséricorde comme un bien fait à l’autre mais aussi comme un don fait pour moi » précise saint Jean-Paul II (Dieu riche en Miséricorde, n° 14) insiste sur le fait que la miséricorde est un acte d’amour que l’on reçoit en même temps qu’on le fait. Quand on fait miséricorde, on reçoit tout autant qu’on donne et plus on donne plus on reçoit, dit Jean Paul II. C’est un acte d’amour que l’on reçoit en même temps que ceux qui l’acceptent de nous. C’est très éclairant sur l’amitié profonde telle que nous l’avons définie chez le Curé d’Ars et sur la miséricorde en tant que telle chez lui. Il en a bénéficié tout autant qu’il l’a donnée. Ses pénitents à qui il a tout donné jusqu’à 16 heures par jour lui ont permis de se sanctifier. Il a bénéficié tout autant de cette grâce du don, de cette grâce que le Seigneur faisait à travers lui à ses pénitents. Nous sommes invités à entrer dans la même logique.

Le Curé d’Ars petit à petit se transforme du fait qu’il est témoin de la miséricorde. Ses paroissiens l’ont transformé et cette charité dont il a été un témoin extraordinaire, il en a été le premier bénéficiaire ; le fait de donner a ouvert son cœur au don ultime du Seigneur : l’amour est plus fort que le péché et la charité sanctifie. « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » n’est pas simplement de l’ordre d’un enseignement chez le Curé d’Ars, mais d’une règle de vie.

Extraits de la conférence donnée à Ars, le 3 août 2006, publié en 2007 dans les Annales d’Ars (n° 306- 307) par le Père Jean-Philippe Nault, recteur du Sanctuaire d’Ars.


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